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lundi 6 octobre 2014

Mon passage éclair au salon Lire en Poche de Gradignan

Trois rencontres rapides mais très chaleureuses !

Malgré le peu de temps libre que j’avais dans mon week-end, j’ai réussi à m’octroyer une petite heure pour aller dimanche au salon Lire en Poche à Gradignan. A l’occasion de l’anniversaire de ses 10 ans, les invités étaient nombreux et prestigieux. Je vous mets l’affiche en illustration car je la trouve sublime !

Affiche - Lire en Poche 2014 - Gradignan

Comme toujours je me suis cantonnée au stand jeunesse où j’ai pu faire trois très belles rencontres. En même temps, vu le monde, en une heure, je n’aurais pas pu faire plus... Je n’avais pas pris mon appareil photo, je me suis donc servie de mon téléphone d’où la piètre qualité des photos...

Je me suis d’abord dirigée vers Régis Lejonc, illustrateur dont j’aime beaucoup le style éclectique. Je l’avais découvert grâce au livre "Obstinément Chocolat" d’Olivier Ka. Et je lorgne depuis un moment sur les "Pochoirs Kawaï" qu’il a réalisés pour les éditions Gautier Languereau. J’ai eu la bonne idée de lui en parler et il m’a conseillé de me dépêcher de les acheter sous peine de ne plus les trouver dans peu de temps... Donc si vous êtes comme moi, un peu long(ue) à la détente, c’est le moment. (Je vous ai mis le lien du blog "La Mare aux mots" puisque c’est là que je les ai vus pour la première fois !)

Régis Lejonc en train de dédicacer "Le bestiaire fabuleux"

J’ai été ravie de constater qu’il n’y avait pas que des livres de poche devant lui et j’ai pu me faire dédicacer le magnifique "Bestiaire fabuleux" que j’avais déjà repéré. Un superbe album, écrit par Maxime Derouen, sur les créatures légendaires telles que le griffon, le dragon, la licorne ou encore la fée...

Le bestiaire fabuleux de Maxime Derouen et Régis Lejonc

Et c’est une jolie fée qu’il a dessinée pour ma fille, absente au salon, mais qui a su l’apprécier à mon retour à la maison <3

Le bestiaire fabuleux, dédicace de Régis Lejonc

Profitant d’une éclaircie dans la foule, je me suis "timidement" rapprochée de Pauline Alphen, non pas pour lui demander une dédicace vu que mes livres étaient restés à la maison, mais pour lui dire combien j’avais aimé la lecture de "L’odalisque et l’éléphant", superbement illustré par Charlotte Gastaut.

Pauline Alphen et "L'odalisque et l'éléphant"

Un livre qui est, pour moi, une petite pépite dans ma bibliothèque (Je m’aperçois que je l’ai déjà dis dans ma chronique d’ailleurs ;-)) ! Très enthousiaste, elle m’a parlé de ses futures publications qui m’ont l’air tout aussi brillantes. J’attendrai donc leur sortie avec impatience.

L'odalisque et l'éléphant de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

J’ai également chroniqué "L’arbre à l’envers" de Pauline Alphen, très différent mais tout aussi agréable à lire.

Puis derrière un wagon de petites filles, j’ai attendu patiemment une dédicace de Mymi Doinet. J’ai choisi "Tu es chou, Petit Chat !", le dernier titre de son incontournable série "Les animaux de Lou".

Mymi Doinet en train de dédicacer "Tu es chou, Petit Chat !"

J’ai pu rencontrer une personne très chaleureuse avec qui j'ai finalement parlé de tout autre chose que de la littérature jeunesse. C’est aussi ça la rencontre avec les auteurs/illustrateurs, des moments privilégiés où les discussions dévient parfois vers des sujets plus personnels et c’est tout aussi passionnant !

Les animaux de Lou : Tu es chou, Petit Chat ! de Mymi Doinet et Mélanie Allag

Une belle dédicace pour ma louloute en poche, il était déjà l’heure pour moi de rentrer.

Les animaux de Lou : Tu es chou, Petit Chat ! décicace de Mymi Doinet

J’aurais aimé avoir le temps de croiser Domitille de Pressensé, la maman d’Émilie, mais il commençait à vraiment y avoir foule et je devais partir, elle aussi d’ailleurs... J’ai raté Cyrielle dont j’ai découvert les belles illustrations manga dans le journal Yokoyoko de septembre où elle a illustré l’histoire "Kumiko et le sorcier" de Nancy Guilbert (un très joli conte japonais d’ailleurs).

Et puis tant d’autres... Mais ce n’est que partie remise. Pour le prochain salon, j’essaierai d’accorder mon emploi du temps de manière à avoir le loisir de rencontrer tous ces auteurs et illustrateurs qui nous font rêver, ma fille et moi !

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lundi 5 mai 2014

L’odalisque et l’éléphant

Un conte contemporain des mille et une nuits

Aujourd’hui je vous présente un superbe livre, aux divines illustrations : "L’odalisque et l’éléphant", que j’ai eu la chance de recevoir par le biais des éditions Hachette Romans.

Une merveille, une pépite, un joyau... voilà les mots qui me sont venus à l’esprit quand j’ai tenu ce livre entre les mains pour la première fois. Sa couverture cartonnée, aux teintes turquoises et dorées, est extrêmement travaillée, mêlant mat et vernis. Et quand on commence à le feuilleter, le papier épais, les pages entièrement dorées, les dessins et les illustrations qui le composent nous entraînent déjà dans un voyage oriental onirique, sans même en avoir lu un seul mot !

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

Je me suis retrouvée bien embêtée quand j’ai voulu en commencer la lecture car je ne voulais surtout pas l’abîmer. C’est pour moi un ouvrage précieux, qui se lit avec précaution et que l’on tient et préserve comme un trésor. Ce n’est qu’après l’avoir fini que j’ai compris que son contenu était tout autant précieux que son contenant !
Voici donc un conte des mille et une nuits écrit avec une grande poésie et beaucoup d’humour par Pauline Alphen, illustré avec brio et tendresse par Charlotte Gastaut. Un rêve, un songe, un voyage dans l’imaginaire ! "Mais voilà, il arrive que les rêves se révèlent plus significatifs que la vie même..."

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

Leila est une toute jeune odalisque qui, au grand désespoir de son entourage, réfléchit ! Alors qu’elle est sensée être une "gazelle docile" qui remue son ventre "comme si mille serpents s’éveillaient en elle" et qui doit connaître les bonnes manières du harem, Leila pense... Les seuls cours qu’elle suit avec engouement sont ceux de la conteuse Schéhérazade, femme sans âge qui excelle dans l’art du récit.

Lorsque, encore une fois plongée dans ses pensées, la jeune odalisque tombe face contre terre, le nez collé sur les babouches du Sultan, elle ne s’imagine pas l’effet que vont produire ses oreilles sur ce dernier. Car, il faut le préciser, les oreilles si parfaites de Leila "contenaient, dans leur escargot minuscule, le dessin du monde comme il pourrait être, le mystérieux ondoiement du temps...".

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

Inondé d’un amour aussi inattendu que soudain, sa majesté sultanesque part en courant et, pour oublier sa mésaventure, décide d’aller inspecter le nouveau cadeau qu’il vient de recevoir : un éléphant blanc !
Voici donc Hati, merveilleux pachyderme à la couleur rarissime, dont les nuits sont envahies de rêves étranges. Depuis qu'il est enfermé dans ce palais, les songes d’Hati deviennent plus nombreux, plus forts et représentent son seul moyen d’évasion. Et lorsqu’un jour il décide d’appeler en barrissant, car il sent que quelqu’un l’attend, c’est Leila qui, à son tour, connaît les frissons et envoûtements de l’amour.

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

L’histoire est ainsi posée : le sultan aime Leila l’odalisque, qui aime Hati l’éléphant. L’amour est bien le fil de soie qui tisse ce récit. Des histoires d’amour impossibles qui rendent toutes les histoires d’amour possibles.

D’abord publié au Brésil, payant natal de l’auteur, "L’odalisque et l’éléphant" y a connu un franc succès. Et c’est pour notre plus grand plaisir qu’il est désormais disponible en français. Pauline Alphen nous offre un récit d’une qualité saisissante. Le texte entremêle, avec une fluidité et une justesse déconcertantes, des jeux de mots contemporains et des tournures de phrases empruntes d’une poésie séculaire, ce qui rend la lecture délicieusement inattendue. Rempli de références et de citations, toutes mentionnées en fin d’ouvrage, il prête à sourire lorsque par mégarde on les reconnaît.

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

L’humour n’est jamais loin, et l’amour toujours présent. Ou plutôt devrais-je écrire l’"Amour", avec cette majuscule qui le rend immortel. Car il s’agit ici de tous les Amours qui ont existé depuis la nuit des temps. De sa plume délicate, précise, mélodieuse et enchanteresse, Pauline Alphen nous offre non pas une, ni deux, mais 999 histoires d’Amour !

"L’odalisque et l’éléphant" de Pauline Alphen et Charlotte Gastaut

Quelle idée judicieuse d’avoir choisi Charlotte Gastaut pour illustrer ce conte ! Alternant scènes colorées et portraits en noir et blanc, elle donne vie aux personnages avec un style parfaitement approprié. Les tonalités orientales et lumineuses nous transportent dans son univers enchanté où personnages, paysages, décors, étoffes sont garnis de motifs travaillés. Leila, Hati et le Sultan prennent vie sous son coup de crayon tout à fait original et reconnaissable pour les amateurs dont je fais partie...

J’aurais encore mille et une choses à vous dire sur ce livre tellement j’ai été séduite. Mais je vais m’arrêter ici, vous conseillant tout simplement de le lire à votre tour !

Blog partenaire :
Ma Cabane à livres

Challenge Des contes à rendre
L’odalisque et l’éléphant
Texte de Pauline Alphen
Illustrations de Charlotte Gastaut
Publié en 2014 par les éditions Hachette Romans
Âge : A partir de 10 ans


Merci aux éditions
Hachette Romans

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mardi 17 décembre 2013

L'arbre à l'envers de Pauline Alphen

Un beau roman sur la transmission familiale

Il y a peu de temps, j'ai eu l'agréable surprise d'être contactée par les éditions Hachette Jeunesse concernant leur collection Junior. Un partenariat qui prend, pour moi, l'aspect d'un nouveau challenge, puisque je n'ai chroniqué, jusqu'à présent, que des albums.
Mais ce n'est pas pour autant que je n'aime pas les romans, au contraire... Alors je me suis dit "Pourquoi pas !". Après tout, Ly Lan n'a que 4 ans, certes, mais elle va bien savoir lire un jour... des albums, puis des romans. Alors pourquoi ne pas me faire une opinion sur ses futures lectures ? Et rien que pour moi, c'est enrichissant.

Le défi revêt deux formes : la première étant d'avoir le temps de lire le livre (et oui, entre le boulot, le quotidien et le blog, il ne me reste plus trop de temps pour moi) ; la seconde étant de s'appuyer uniquement sur un texte, car je l'avoue, dans un album, les illustrations me guident beaucoup (mes études en Histoire de l'Art, même lointaines, n'y sont, sans doute, pas pour rien).

Je compte sur vous pour me dire si l'exercice et le roman vous plaisent ;-)

Allé c'est parti pour un premier essai sur un très joli roman : "L'arbre à l'envers" de Pauline Alphen.

"L'arbre à l'envers" de Pauline Alphen

Paulo, jeune garçon de 11 ans, vient de perdre son grand-père Arthur, "Vovô Tuc" comme le surnommaient affectueusement sa famille brésilienne. Après avoir assisté à l'enterrement, Paulo rentre perplexe en voiture, avec son oncle et sa petite cousine Jade. L'occasion pour lui de réfléchir à ce jour bien étrange, qu'il avait imaginé beaucoup plus triste, d'autant que pendant la cérémonie, sa mère enceinte s'est affalée sur le cousin Edouard car le travail avait commencé. Ses parents sont partis directement à la maternité. Paulo va alors rester dans la grande maison familiale en attendant la naissance de son petit frère ou pire, de sa petite sœur !
Du haut de ses 5 ans, Jade, fillette très curieuse, ne comprend pas vraiment ce qu'il se passe. Assommé de questions, Paulo va donc faire preuve de patience et essayer tant bien que mal de lui répondre. Mais pour occuper sa cousine quoi de mieux qu'une partie de cache-cache.
C'est ainsi qu'il pénètre dans le bureau interdit de son grand-père. Une pièce qu'il découvre et qui contient tout un tas d'objets souvenirs gardés précieusement comme dans un musée. Mais voilà que, tout d'un coup, un arbre se met à pousser à l'envers au beau milieu du bureau...
Pendant ce temps, Jade qui a abandonné la partie à force de le chercher, rejoint sa grand-mère Elisa. Toutes deux vont, par l'intermédiaire de photos anciennes, parcourir les histoires, parfois cocasses, de leurs ancêtres. Une remontée dans le temps qui va leur redonner le sourire.

"L'arbre à l'envers" de Pauline Alphen

Ce petit roman de 160 pages, qui se déroule au Brésil, se lit très facilement, le style est fluide, plutôt littéraire et donc, pour moi, très agréable. Il est également parsemé de métaphores judicieusement placées.

Il y est, bien évidemment, question de la mort mais sans aucun mélodrame, au contraire, Pauline Alphen donne des pistes de réflexions sans jamais apporter de réponse. Au jeune lecteur de chercher dans ses propres croyances. C'est donc un livre qui prête à réfléchir.
Malgré le postulat de départ, qui est l'enterrement du grand-père, aucune tristesse ne s'en dégage mais plutôt un calme étrangement apaisant. Le cycle de la vie est respecté puisqu'un nouveau-né va arriver.

Mais, pour moi, le propos principal de ce livre est celui de la famille, de ses fondations : "Il montrait que chaque individu est la partie essentielle d'un tout". Que ce soit Paulo caché dans le bureau qui, au travers des objets collectionnés et de l'arbre à l'envers (dont je ne vous dévoilerai pas le secret), se remémore les grandes histoires racontées par son grand-père ou bien Jade, avec sa grand-mère, qui évoquent les petites histoires familiales, il est question de transmission. Paulo fait d'ailleurs très bien la différence entre les histoires vraies, vivantes racontées par ses aïeux et celles inventées par ses parents pour l'endormir le soir ! "Elisa, elle, ne racontait que des choses qui avaient réellement eu lieu. Elle disait qu'à son âge inventer donnait plus de travail que se souvenir."

Cette transmission, qui me semble primordiale à la construction d'un enfant, s'est un peu perdue dans notre culture française. Or, nous sommes ici au Brésil où les liens familiaux semblent être restés précieux. Pauline Alphen est née d'un père français et d'une mère brésilienne. Elle a vécu toute sa vie entre les deux pays et a donc été baignée dans cette double culture. Ce qui se ressent complètement dans le roman puisque les origines françaises du grand-père Arthur revêtent une certaine importance.
Rédigées avec beaucoup d'humour, des notes explicatives sont judicieusement placées en bas de la page correspondante. Elles permettent, l'air de rien, d'en apprendre un peu plus sur la culture et les habitudes brésiliennes. 

"L'arbre à l'envers" de Pauline Alphen

Le personnage de Paulo m'a vraiment séduite, c'est un enfant plein de bon sens, toujours dans la réflexion ("Si les morts, c'est comme les cicatrices, on les garde à vie."). Mais, il n'en reste pas moins un petit garçon de 11 ans qui garde son insouciance dans les moments éprouvants, ainsi avant l'enterrement avec son père "... on est allé dans un coin, tous les deux, et on a fait pipi  au pied d'un arbre. Ensemble. C'était cool."
Et même si cette expérience va le faire grandir, quand il se lance dans une partie de cache-cache, il met tout son cœur d'enfant dans l'instant présent, comme si sa vie en dépendait !

Un petit mot, quand même, sur les illustrations, car il y en a, réalisée par Princesse Camcam. La couverture représentant Paulo perché sur son arbre à l'envers, scrutant  l'horizon comme s'il y cherchait son avenir, est très poétique. A l'intérieur, des dessins en noir et blanc étoffent le récit. Mon seul regret est qu'elles ne soient pas en couleur.

C'est donc, avec plaisir que j'ai lu ce roman et découvert le style de Pauline Alphen, connue, entre autres, pour sa saga fantastique "Les éveilleurs". Un grand merci aux éditions Hachette Jeunesse pour cette belle lecture et ce nouvel exercice de chronique !

Merci aux éditions
Hachette Romans

Texte de Pauline Alphen
Illustrations de Princesse Camcam
Publié en 2013 aux éditions Hachette romans, dans la collection Junior
Âge : A partir de 8 ans

Et jusqu'au 22 décembre 2013, Hérisson du blog "Délivrer des livres" et les éditions Hachette jeunesse vous proposent de gagner "L'arbre à l'envers" de Pauline Alphen. A vous de jouer ;-)